Pour ce premier contact, je voudrais parler des baalé techouva, ces personnes qui essaient de faire un pas dans la Torah mais qui se sentent de plus en plus perdus. Les personnes qui s’engagent dans la Torah craignent d’avoir à changer de vie totalement. Le baal techouva d’aujourd’hui s’inquiète de savoir ce qui pourrait lui arriver s’il renonçait à son mode de vie actuel.
Pour lui, la Torah est plus un joug que… Haïm, la Vie, le Bien Etre. Il se trompe, la Torah est un principe de base de vie par rapport à l’être humain dans son environnement. Le Rav Eliahou Dessler nous dit : «Comment est il possible que D… ne nous ait donné que des épreuves?» Si c’était vrai, cela voudrait dire que le monde en lui-même n’est pas fait pour la Torah or c’est tout le contraire. Tout ce qui existe dans le monde, si nous savons l’utiliser à bon escient, peut être extraordinaire. Seulement, nous n’avons pas les données en main pour en profiter et nous ne faisons pas la démarche pour savoir, pour connaître ce que Hashem nous a donné.
Dans «Savoir les chemins de D… dans ce monde-là» Rav Yéouda Grinold nous dit :«Au juste que voulons nous? Nous avons fait techouva mais qu’attendons nous?» Les personnes sont sincères dans leur volonté de faire téchouva mais sans aller trop loin. Elles ont des «mauvaises» références, car elles regardent les habitants des quartiers ultra religieux et se disent : c’est ça la Torah. Elles pensent que pour suivre les préceptes de la Torah, il faut porter un habit spécial. Mais elles se trompent. On peut être un Juif de Torah sans Streimel ou sartouk, une preuve :Le Michna Kehati été écrit par un directeur d’une banque, Pinhas Kehati.Le Rav continue et dit : «Celui qui veut faire techouva n’a un but : faire la volonté du Divin et annuler la sienne.» La personne, qui n’a pas annulé sa volonté devant la volonté du Divin, sera en permanence en lutte avec elle-même et ne pourra pas accomplir l’Avodat Hashem. Alors, le baal techouva doute et tatonne, il va dans toutes les directions, alors qu’il faudrait avoir un maître pour l’aider à comprendre l’Avodat Hashem. Hafez Haïm dit que notre génération a soif de connaissances, le temps de la délivrance est imminent et chacun veut être autodidact. Cependant, il faut à tout prix être guidé par un maître. Le Hafez Haïm ramène une parabole : «Imaginons, dit-il, que le feu est entrain de dévaster une petite ville et que les bons citoyens ont décidé de filtrer l’eau afin d’éteindre ce feu». C’est une grande erreur. Pour faire techouva, il faut, certes, faire une recherche mais il faut aussi s’appuyer sur un maître.
Comme il est écrit : Pirke Avot chapitre 1 Michna 6 Yeochoua ben Perahia dit : «Fais toi un maître, qui lui-même a appris de son maître afin de ne pas apprendre seul au risque de te tromper»(voir Talmud Berahot 63.2) au sujet des risques encourus par un talmid haham qui étudierait seul.
Aujourd’hui, beaucoup de personnes disent avoir fait techouva. Elles vont à la Synagogue, prient 3 fois par jour, et fréquentent plusieurs cours différents. Pourtant elles n’ont pas eu ce mérite de ressentir et de vivre cette techouva au fond d’elles mêmes, car elles n’ont pas commencé par l’essentiel. Pourquoi? Parce que pour servir Hashem, il faut apprendre à le servir au quotidien. Il faut savoir aller Le chercher par l’étude, le travail sur soi-même et ses midot. C’est donc une contradiction. Si elles font techouva, il faut accepter de commencer à accomplir les mitsvot sinon ce ne sera pas une véritable techouva. Il ne faut pas avoir peur car c’est le B.A.BA pour une techouva sincère.
Dans notre génération, vous trouvez des gens qui, par leur assiduité à différents cours, ont une immense connaissance, mais, comme le dit le Rav Chalom Noah Brosovski de Solonim, cela ne suffit pas. Quand nous faisons techouva, nous devons aimer Hashem et avoir la crainte d’Hashem. Nous devons surveiller notre comportement et en changer. Malheureusement, l’éveil est trop lent pour cette techouva et le coeur peut ne pas être touché. Le Messilat Yécharim nous dit : «Combien est heureux l’homme qui travaille dur sur lui-même, sur ses midot afin de donner un Nahat Rouah leyotsro.» Le but de faire techouva est, non deulement de se rapprocher d’Hashem, mais aussi donner «Nahat Rouah à Hashem». Comment? En accomplissant les mitsvot qu’Il nous a données. «Celui qui a un amour entier, sincère, vrai envers Hashem ne cherchera pas à seulement à s’acquitter de son devoir, mais aura la joie de lui prouver son amour en étant lui-même rigoureux dans l’accomplissement des mitsvot. Cet homme aura le comportement d’un fils envers son père.» Quand son père l’appelle, le fils court pour lui faire plaisir. C’est cela l’Avodat Hashem.
Pourquoi aujourd’hui nous n’y arrivons pas? Parce que nous n’avons pas la connaissance dans la Torah, la matière, que nous avons, ne s’est pas transformée, elle n’a pas atteint le coeur et est restée au niveau de l’intellect, elle ne vit pas.
On peut aussi imputer ce manque à la personne qui dispense le cours. Avant d’y retourner, il faut vous demander si le cours que vous avez écouté a fait vibrer votre coeur. Le Rav Pinkus disait : «Avant d’éduquer tes enfants il faut t’éduquer toi même». Le travail de celui qui dispense le cours (maître)est d’esssayer d’inculquer amour de la Torah. Il doit lui-même se remettre en question, vivre la Torah et vous donner envie de réfléchir, sinon, le cours ne vous servira à rien. Ces maîtres ne doivent pas seulement transmettre la Torah, mais vous donner envie de la vivre et de vous permettre une remise en question.
La question qu’il faut se poser est la suivante : Sommes-nous capables d’oublier notre bien-être personnel et servir Hashem au quotidien?
La Torah nous dit qu’Aaron venait allumer les lumières du Temple, Rachi précise qu’il ne changea jamais la ferveur avec laquelle il accomplissait la mitsva. Ceci depuis le premier jour où il l’a faite jusqu’au dernier, toute sa vie, il venait et allumait à la même heure. En faisant ce même geste, il ne cherchait pas son plaisir, il accomplissait simplement Avodat Hashem.
Le Rav Yeouda Grinold pose la question : «Que cherchez-vous dans la techouva? Savez vous où vous voulez aller?» Il faut vivre la Torah, que vous soyez entrain de travailler, à la maison, au restaurant, vous devez vivre suivant la Torah.
La personne qui étudie la Torah doit, dès le départ, le faire dans la rigueur sinon dans vingt ans vous serez au même point. Comme le Maître doit dispenser son enseignement avec rigueur et avec amour, l’élève doit chercher à élever son âme par son engagement plus fort dans l’accomplissement des mitsvot, afin de faire vibrer et ressentir la Torah aux personnes.
Dans l’Avodat Hashem, la joie est indispensable, il n’y a qu’un chemin et il faut être entier pour le suivre. Ainsi, on arrive dans le derekh a Torah et on acquiert l’Ahavat Hashem.

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24 janvier 2010
Michelle
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