Avoir un enfant pour une femme est une joie intense, un moment exceptionnel dans sa vie même si ce n’est pas son premier enfant. De nos jours, la femme prépare sa grossesse mais elle prépare également sa post-grossesse. Cependant, les crèmes ou les régimes parfois ne suffisent pas et pour leur éviter une dépression à la vue de leur corps que la nature a modifié, nous avons interrogé notre chirurgien plasticien, le Dr Avner Bensoussan, pour qu’il nous explique de quelle manière il peut aider les mamans à retrouver le corps de leurs 20 ans. (Pour celles qui les ont dépassés bien sûr!)
Martine Sroussi: Dr Bensoussan, tout d’abord, dites nous s’il est exact qu’une femme enceinte doit éviter tout acte chirurgical durant sa grossesse, même si cela ne concerne pas sa silhouette. Je pense notamment à des injections de Botox pour avoir meilleure mine, durant cette période où elles ont tendance à se trouver tous les défauts de la Terre.
Dr Bensoussan : En effet, vous avez raison, même si on est sûr de l’absence d’incidence sur la grossesse et sur le bébé à naître, il faut éviter, durant celle-ci, tout acte médical ou chirurgical non indispensable. Il est recommandé de ne pas procéder à une intervention d’ordre esthétique ou à une injection d’un quelconque produit durant cette période en appliquant ainsi le principe de précaution.
MS : A quel moment la jeune maman peut elle avoir recours à la chirurgie après son accouchement ?
Dr B. :Il est logique de penser que la maman puisse recourir à un acte chirurgical lorsqu’elle estime que son corps s’est plus ou moins stabilisé, c’est à dire qu’il ne présente plus les grandes modifications dues à la grossesse ou à l’allaitement.Cette période varie beaucoup en fonction des patientes, de la qualité de la peau, de l’importance de la prise de poids, de la rapidité de la perte de poids en post partum, ainsi que de la durée de l’allaitement s’il a lieu etc.
MS : Les vergetures sont un des principaux soucis de l’après grossesse. Existe-t-il un moyen de les éliminer ? Sinon, que préconisez vous ?
Dr B. :Hélas, nous n’avons toujours pas de remède miracle pour les vergetures quand elles sont isolées. Lorsqu’elles sont associées à un excès abdominal ou à une ptôse mammaire, leur traitement sera alors indirect. Elles partiront lors de l’intervention, avec la peau de la région abdominale, ou seront moins visibles et de fait, plus tendues lors du traitement de la ptôse des seins.
La meilleure méthode reste encore et toujours la prévention : la surveillance de la prise de poids lors de la grossesse, l’hydratation régulière de la peau. Mais ce n’est parfois pas suffisant.
MS : Pendant la grossesse, certaines femmes se permettent les excès qu’elles n’auraient pas eu en temps normal. Hélas, ces petites gâteries laissent des séquelles sur le ventre, les hanches, les cuisses. En complément d’un régime, avez-vous une solution pour faire disparaître ces rondeurs disgracieuses ?
Dr B. : Ces excès, si ils n’ont pas été évités, une fois la période de récupération post partum respectée, peuvent bénéficier des différents traitements que propose la médecine esthétique et la chirurgie.Ces traitements ont déjà été évoqués : une petite lipoaspiration lorsque les rondeurs restent rebelles au régime et à l’activité physique, un mini lifting abdominal lorsque les modifications au niveau du ventre restent modérées, une vraie plastie abdominale lorsque celles-ci sont plus importantes.A se sujet, je voudrais insister sur un point insuffisamment connu : le DIASTASIS DES MUSCLES ABDOMINAUX. En effet, lors de la grossesse, du fait de l’augmentation du «contenu »abdominal par gonflement de l’utérus, les muscles grands droits de l’abdomen, les abdominaux, vont se distendre et se séparer l’un de l’autre alors que normalement ils sont unis au centre et maintenu en place grâce à une puissante gaine.Lors d’une première ou deuxième grossesse en post partum, les muscles ont encore la capacité de retrouver leur place originelle, mais souvent après la troisième grossesse ou plus précocement lorsque la prise de poids est importante, les muscles restent alors écartés l‘un de l’autre même après la perte de poids. Cet écart peut varier de 1,5 cm à 5 cm parfois même 10 cm.
Cela se manifeste par un ventre difficilement camouflable et ce, même si la patiente est mince.Celui-ci reste convexe, en avant, gonflant encore davantage après la prise du moindre repas.Il est facile de le déceler cliniquement. On fait allonger la patiente, surélever les 2 pieds du plan du lit, comme lorsqu’elle fait ses abdos tous les matins (rires), puis on palpe la région médiane du ventre jusqu’à sentir la limite des muscles.On peut alors facilement se rendre compte qu’entre les 2 muscles il existe un espace vide comme une sorte d’orifice qui mène directement aux viscères.
MS :Existe t-il des exercices physiques qui permettraient de faire en sorte que les muscles retrouvent leurs places initiales?
Dr B. :Non, aucun exercice physique ne pourra jamais remuscler un endroit où les muscles sont inexistants. L’unique solution sera de rapprocher les muscles par une intervention chirurgicale. Rassurez vous cependant avoir un diastasis ne représente pas de danger médical car il ne s’agit pas d’une véritable éventration. La gène est essentiellement esthétique et parfois digestive.
MS : A présent parlons de la poitrine et prenons le cas d’une maman ayant eu plusieurs grossesses et par conséquent, plusieurs allaitements. Sa poitrine a tendance à tomber. Aucun régime ni crème ne peut réparer cela, comment la chirurgie plastique le peut elle ?
Dr B. : En fonction des cas, il existe plusieurs possibilités. Je résume.
S’il existe une petite chute du sein, avec un segment supérieur un peu vidé, une simple intervention avec mise en place de prothèses peut suffire à corriger l’aspect et à remonter le sein. Il s’agira simplement de choisir la prothèse la plus adéquate.S’il s’agit d’une chute plus importante mais que la patiente conserve un volume de sein au total satisfaisant, on pourra alors réaliser une cure de ptose mammaire sans prothèse. Si enfin, le volume est jugé insuffisant ou si la patiente souhaite retrouver la poitrine qu’elle avait pendant l’allaitement, voire un peu plus, on rajoutera à cette technique une prothèse de volume et de forme variable.Dans certains cas, la patiente peut se plaindre d’une hypertrophie mammaire avec un sein lourd, handicapant dans la vie de tous les jours, on peut alors faire une intervention de plastie mammaire de réduction de façon à réduire le volume du sein et à le remonter.

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31 janvier 2010
Michelle
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